I : La Zambie et le Malawi

Publié par bruno demoury

Victoria Falls , coté Zambie

 

Jeudi 26 décembre 1974 : Décollage difficile et dans la mauvaise humeur… d’abord il y a la tension des passages de douane un peu scabreux que nous allons faire… Il faut savoir que si lors d’une fouille de la voiture des policiers ou douaniers trouvent des papiers, des tampons des visas d’Afrique du Sud, de Rhodésie ou du Sud Ouest Africain nous risquons de gros problèmes...

Ensuite malgré les lettres des parents trouvées ce matin avant de partir, ce qui nous fait toujours très plaisir, eux par contre ne semblent pas avoir les nôtres et se font du souci pour nous…Et puis nous n’arrivons pas à nous débarrasser des dollars rhodésiens…

Nous faisons provisions d’essence et d’eau car nous ne savons pas ce que nous allons trouver de l’autre coté. Où serons-nous ce soir ? Nous devons passer quatre postes frontières avant de nous retrouver de l’autre coté des Victoria Falls…

 Malgré la surcharge et le mauvais état de la piste nous « enfilons » les 70 km de piste jusqu’à Kazungula, (extrème gauche de la carte) le village de la frontière du Botswana, en 1h10.

 

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Nous sortons de Rhodésie en 2 min… Et d’une…

 

 

Après 7 km de « no’mans land » L’entrée du Botswana est déjà plus critique et les douaniers nous font remarquer nos visas d’Afrique du sud et du Sud Ouest Africain sur le carnet de passage en douane…sous-entendu : nous pourrions avoir des ennuis ! … ! Et de deux…

 

 

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Je reste toujours fasciné par ces baobabs

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Après quelques km nous trouvons le bac et repassons la frontière du Botswana… Le douanier est pressé de manger et s’en va avant que nous ayons fini de remplir son registre… et de trois…

En attendant le bac, je dégrafe le carnet de passage en douane et supprime les 3 pages critiques que je planque dans un coin de la voiture. Et « we will see »…

A cet endroit, le Zambèze est large et calme et on a du mal à imaginer qu’il y a de telles chutes un peu plus loin. Et j’imagine très bien, quel a dû être l’étonnement et l’émerveillement de Livingstone lorsqu’il vit le brouillard au-dessus du fleuve et qu’il dut entendre le grondement des chutes alors qu’il  naviguait sue ces eaux calmes et paisibles. Il  les  découvrit il y a seulement un siècle ! … 

 Nous embarquons sur un superbe bac (par rapport au bac Gabonais)… Alors que je prends des photos, un des hommes de bord m’ordonne de ranger mon matériel ; c’est interdit. Il est certain que ce bac est une façon détournée de boycotter le barrage du pont des chutes de Victoria Falls et que les deux bacs qui fonctionnent ici, tournent à plein régime…

 Cette fois-ci nous ne passons pas la frontière en quelques minutes. C'est plus d'une heure qu'il faudra pour répondre à toutes les questions et remplir de nombreux papiers. Les visas nous coûtent cher : 100 francs, 10 dollars rhodésiens. Ils n'ont évidemment pas de monnaie et cela fait cher quand même. Finalement nous écoulons pratiquement tous les dollars restants. Nous n'avons pas d'ennuis avec le carnet de passage en douane..

 

 

 

 

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Après une petite fouille,  nous quittons le poste frontière à 14 heures. A 10 km de là, nous trouvons un "lay by".  Tous ces passages de frontières nous ont ouvert l'appétit. Nous faisons un petit feu pour nous débarrasser de tous les restes de papiers compromettants.

 

 

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 À quatre heures  nous sommes au camping. Il n'est pas cher et bien. Une fois installés nous décidons d'aller voir les chutes. Après deux contrôles de police sur la route qui sépare  Livingstone des chutes, nous arrivons et découvrons les magnifiques cataractes côté zambien. Après quelques photos nous revenons au camping où nous discutons avec un américain  qui descend en stop et une marocaine  qui parle français. Un fois la nuit tombée nous retournons encore voire les chutes éclairées. Nous achetons une petite tête d'ébène sculptée. Une journée bien remplie, mais qui s’est relativement bien passée !

 Ces chutes de Victoria Falls s’étendent sur 3 km et font près de 100 mètres de haut. Aujourd’hui, je regrette un peu de ne pas les avoir survolées en avion depuis le coté rhodésien…

 

 

 

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De l'autre coté c'est la Rhodésie avec 2 promeneurs sur la crête, nous avons mis la journée pour passer de l'endroit où sont ces promeneurs à l'endroit d'où nous prenons la photo.

 

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Ciel bleu , arc en ciel et lune !

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Vers Lusaka capitale de la Zambie

 

Vendredi 27 décembre 1974 : les 473 km jusqu'à Lusaka sont parcourus dans la journée. Le paysage et très monotone, et la savane  légèrement arborée et très verte. 

 

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À midi nous arrêtons en retrait de la route sur un bel espace vert moins arboré et quelques minutes après 2 petits garçons de 5 ou 6 ans arrivent avec leurs vaches pour nous regarder manger. Ils ont faim et nous envient. Nous leur donnons du pain et une boîte de sardines. Ils ne sont pas bien épais. 

Nous sommes au camping de Lusaka à 4  h et nous retrouvons les trois combi  Volkswagen.

 

 

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Samedi 28 : nous décidons de rester à Lusaka, pour attendre nos visas pour le Malawi et la Tanzanie. Il paraît qu'on peut les avoir en un ou deux jours. Je vais en profiter pour réparer la  fuite d’huile et réparer les ailes qui sont en train de se fendre un peu partout. En fait je les découpe!  Et également  faire un peu de nettoyage.

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  Nouveau " look" de la "deuche" qu'elle a toujours aujourd'hui !

 

 

 

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La Zambie à l'époque était peuplée de 6 millions d'habitants répartis sur 752.610 km². Son économie repose sur les mines de cuivre situé à l'extrême Ouest du pays. L’économie de ce pays reste donc tributaire des cours du métal. 2 151 000 bovins et 49 000 ovins.

 

 

Artère principale de Lusaka.

 

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  Vers le Malawi

 

 

 

 

 Lundi 30 : à 8h15, nous sommes à l'ouverture de l'ambassade de Tanzanie, et attendons jusqu'à 10 heures. Il nous faut revenir cet après-midi pour récupérer nos passeports.

Nous rentrons donc au camping, déjeunons, faisons cahiers et lettres. Nous retournons à l'ambassade de Tanzanie, récupérons nos passeports, puis allons la Poste. Nous filons à l'ambassade du Malawi, et laissons nos passeports.

 

 Mardi 31 : nous nous levons de bonne heure pour être à l'ouverture de l'ambassade du Malawi et récupérer nos passeports. Ils sont prêts nous sommes contents. Les administrations des pays anglophones sont quand même beaucoup plus rapides que celles des pays francophones

Nous filons à la banque et là dans l'empressement nous changeons 300 USD au lieu de 300 francs. Il nous faut plus de deux heures pour récupérer ces dollars en rachetant de nouveaux travellers cheques. Nous perdons 20 francs dans la transaction. Pendant ce temps et je vais à la Poste pour mettre le courrier. En sortant de la banque nous regardons les vendeurs de malachite  qui s’étalent sur des mètres carrés et tous ces étals sont magnifiques. Dommage que cette belle pierre verte soit si lourde, car elle n’est vraiment pas chère ici…

Nous faisons le plein d'essence avec une réserve de 20 litres, au cas où...

Nous faisons 300 kilomètres sur la route vers le Malawi.  Rien à signaler sur ce paysage toujours de savane arborée très verte. Nous sommes contrôlés à l'entrée et à la sortie d’un pont car les Portugais ont essayé de le faire sauter. Nous ne sommes pas loin du Mozambique et du Nord de la Rhodésie. Nous nous arrêtons à l'hôtel de Kachalola et  nous campons. Il est vide et triste pour un réveillon de la St sylvestre. Il  est pourtant très coquet et très british et encore tenu par des blancs mais pour combien de temps encore ? Ils n’attendent visiblement personne ou pas grand monde et le repas que nous prenons n’est pas fameux.

 

 Mercredi 1er janvier 1975 : nous décollons après une nuit mouvementée à cause des moustiques.

Ce matin nous trouvons un caméléon sur le toit de la 3CV. Il se chauffe au soleil du matin après la pluie de la nuit.

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Le paysage est toujours identique à lui-même. La route est impeccable jusqu'à la frontière.

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À midi nous nous arrêtons et  nous sommes vite entourés de spectateurs. Ce sont des gamins qui ont l'air heureux et qui s'amusent de jeux simples. Des jantes de roues de vélo qu'ils fond rouler avec un bâton ou, jouent tout simplement avec leur vélo à se poursuivre ou à   courser  un chien qui traîne par là.. Dans tous ces pays anglophones, il y a de bons vélos anglais et ce n'est pas la honte de rouler en vélo comme ce l’était au Gabon. Dans cette savane très boisée lorsque nous arrivons vers la frontière, à notre passage des cigognes de ci de là s’envolent de la cime de grands arbres.

 

                                                            Le Malawi

 

 

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La frontière se passe sans problème. Il faut sortir l'argent et les travellers. Ils vérifient que nous avons suffisamment d'argent pour ressortir du pays. Ils nous fouillent entièrement toute la voiture très poliment, il faut ouvrir absolument tous les placards. Nous nous apprêtons à repartir quant le douanier nous demande nos carnets de vaccination. Le rappel du choléra n'est pas à jour. Il ne veut pas nous laisser rentrer au Malawi si nous ne faisons pas ce rappel. Il nous emmène dans une petite salle derrière son bureau. D'une boîte où trempent des aiguilles, il en  extrait une pour nous injecter le rappel. Il manipule tout cela sans aucune précaution… Tant pis, nous verrons bien…

Nous nous dirigions vers Lilongwe, sur une piste assez dure. Il y a des trous, de la boue et nous arrivons sous la pluie à Lilongwe. Il n'y a pas de camping. Nous décidons d'aller à Salima.

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Cette fois ce n'est plus une piste mais une demie strip-road  en bon état. Après Salima nous allons sur 20 kilomètres de piste vers Salima beach. La nuit tombe, et  je n’évite pas un bout de fer qui traîne sur la piste. Il coupe  le flanc du pneu qui je pense est mort. En arrivant au camping, il y a une rivière de sable à traverser, je ne fais pas attention et m’ensable.

 

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 La pluie menace encore. Il est 21 heures. Nous dormons dans la voiture. Mais les moustiques semblent déjà nous attaquer.

 

Cap Maclear

 

Jeudi 2 janvier 1975 : Quelle nuit avec les moustiques ! Il pleut, nous nous levons de bonne heure et déjeunons. Nous rencontrons une Française qui est en vacances au bord du lac. Elle enseigne avec son mari anglais dans la brousse zambienne. Elle nous confirme notre impression à savoir, que le Zambien est très sympathique et par raciste du tout. Ils ont l’intention avec son mari d’acheter une ferme.

Après inspection du camping  que nous trouvons petit et avec beaucoup de monde, nous décidons de descendre jusqu'à Monkey Bay. Nous trouvons une route impeccable. Le camping et y est également petit et plein. Nous déjeunons au restaurant, et nous sommes très satisfaits. Il n'y a pas de pain dans le village…

Nous décidons d'aller à Cape Maclear. Ce site est très « chouette »,  l’eau très propre et nous nous baignions dans le lac. Le camping est très grand, cher, mais nous y sommes très bien et nous sommes un peu fatigués par les nombreux kilomètres faits ces derniers jours. Il y a du bois en abondance et nous faisons notre cuisine au feu, cela fait des soirées bien sympathiques. Puis il nous faut écrire nos cahiers de bord et nous  décidons de nous reposer dans ce camping et de profiter un peu de la beauté de ce lac.

 

 

 

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En 1975 , cheveux longs interdits au Malawi pour les hommes ainsi que les pantalons pattes d'éléphant, je n'ai que des shorts courts et moulants qui ne font pas du tout "british" et ne suis pas à l'aise dans les villes.

 

 

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Pour les femmes : pas de short, ni de pantalon pattes d'éléphant c'est donc le pagne africain pour Michelle

 

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Heureusement au bord du lac le maillot de bain est autorisé!

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Samedi 4 janvier 1975 : il pleut depuis 5 heures. Nous sommes obligés de prendre le petit déjeuner dans la voiture. Nous écrivons nos journaux de bord jusqu'à 10 heures. La pluie cesse.

Je répare tant bien que mal ma roue crevée  pendant que Michelle fait une lessive. Je mets des rustines sur les flancs coupés… Je ne sais pas si cela tiendra…

 Nous marchons un peu le long du lac, et pouvons voir du haut des rochers des poissons de toutes les couleurs  tellement l’eau est calme et claire.  Beaucoup  de poissons d’aquarium viennent du lac Malawi.   Je vais sortir le masque, les palmes pour aller voir ça de plus près.

Nous  rentrons au campement. Les Suisses arrivent. Nous passons l'après-midi avec eux à pécher. Nous louons des pirogues, et nous payons une bonne tranche de « rigolade » car elles ont une fâcheuse tendance à se retourner. Les Africains qui nous les ont prêtées s’amusent aussi beaucoup. Sur ce grand lac, le deuxième d’Afrique par sa superficie, les pirogues ne sont ouvertes dans la partie supérieure que par une fente de 15cm environ ; juste la place pour passer les pieds et les mollets. Ce qui fait que l’on est assis sur la partie supérieure de la pirogue et le centre de gravité s’en trouve très rehaussé et très au-dessus de la ligne de flottaison rendant la pirogue très chavirante.

 

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Seules, Michelle et une suissesse,  réussissent à faire un tour sans se retourner !!!

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Le soir nous discutons encore tard avec ces sympathiques Suisses. Il semble y avoir quelques problèmes relationnels entre certains couples. Mais les voyages à plusieurs couples en Afrique sont très difficiles et je dirais pratiquement impossible entre français. Les seuls qui y arrivent sont les Suisses et les Allemands.

 

Le Plateau de Zomba

 

 

Dimanche 5 : Nous profitons encore de la plage jusqu'à midi. Nous essayons d'aller voir les 250 sortes de poissons du lac, mais  la ferme marine est fermée.

Par une route goudronnée, nous nous dirigions vers Zomba. Nous montons sur le plateau d'où nous avons depuis les 2.000 m d'altitude une très belle vue sur des pitons volcaniques. Des petits-enfants viennent nous vendre des fraises pour quelques tambalas. Nous retrouvons notre française de Salima avec qui nous passons la soirée au restaurant. C’est encore de grandes discussions sur l’Afrique jusque tard dans la nuit.    

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Depuis le plateau de Zomba (panoramique de 2 diapos)

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Petit vendeur de fraises

 

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Mardi 7 :  nous avons passé encore une bonne nuit fraîche.

Nous partons pour Blantyre dans un paysage vallonné. Au loin nous apercevons des montagnes. La région est très peuplée et nous traversons de nombreuses plantations de maïs. Beaucoup de monde sur les bords de la route, il faut être prudent…

A la mi-journée, nous découvrons la capitale Blantyre. Nous trouvons 4 lettres de France. Nous en expédions 2 pour chaque famille pour leur raconter un peu notre voyage et leur montrer que pour nous tout est OK.

Puis nous faisons un ravitaillement de nourriture, essence, lampe de poche et même un régulateur pour notre vieux magnéto Philips. Nous rachetons une moustiquaire, car nous commençons à remonter vers le nord, les nuits vont être plus chaudes et les moustiques  plus fréquents. Surtout que nous ne prenons plus la nivaquine contre le paludisme. Il ne s’agit pas d’avoir une crise de paludisme…

Après une petite visite de la ville qui est très africaine, pas très grande , nous décidons de retourner dormir sur le plateau de Zomba pour continuer de dormir au frais et nous "gaver "de fraises. Nous n’avons pas mangé à midi et je nous prépare une superbe soupe à l’oignons, des tomates à la Provençale qui ont un légèrement fumé et un goût extra, de l’excellent fromage du pays, ce qui est rare en Afrique et des œufs. Il ne faut pas négliger la nourriture, la route est encore longue jusqu’à «chez nous»…

 

Mercredi 8 : nous prenons la route vers le nord. Pour ne pas refaire la même route nous nous dirigions vers Ncheu. Nous longeons  la frontière de la Rhodésie dans un paysage très montagneux et très aride et peu peuplé. Au loin  nous apercevons le lac Malawi  sur notre droite. De temps à autre quelques petits villages entourés de cultures de maïs. Comme nous arrêtons pour prendre des photos les enfants s'enfuient en courant. Avant Dedza nous prenons la piste  pour redescendre sur le lac. Nous avons une très belle vue. Nous nous arrêtons à Salima et retrouvons à nouveau les Suisses en grande discussion. Leurs relations n'ont pas l'air de s'arranger. De  nouveau ce soir, nous cuisinons au feu de bois après une journée chaude et humide.

 

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Le Malawi est un pays où les femmes portents des charges énormes, elles se tiennent au bas coté pour ne pas perdre l'équilibre au passage d'une voiture où d'un camion...

Je n'ai jamais osé m'arrêter pour photographier la dureté de la vie de ces femmes !

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Salima

 

Jeudi 9 janvier 1975 : nous décidons de rester une journée ici. Mais nous nous levons de bonne heure car les Suisses et les Allemands font du bruit et s'en vont. J'allume un feu pour le petit déjeuner. Il fait beau et malgré l’heure matinale déjà chaud. Toute la journée sera consacrée à la voiture. Il faut quelle reste en bon état… Les très bons amortisseurs Kony avec la tôle ondulée sont déjà vides. Mais comme ils sont démontables, je les remplis avec de l’huile moteur. Ils seront plus fermes et la tenue de route devrait être meilleure ? …

 

Michelle se repose, bouquine. Nous sommes seuls et profitons du calme…. Une superbe journée au bord du lac.

 

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6 mois et déjà fuyants. Remplissage des amortisseurs à l'huile moteur !

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Vers Nkata Bay

 

 

Vendredi 10 janvier 1975 : nous décollons à 8 heures 30. Il fait déjà très chaud. La voiture tient super bien la route…

À Salima, nous cherchons des hameçons. Nous faisons le plein d'essence et de nourriture. Nous ne savons pas ce que nous allons trouver en montant vers le nord. Nous achetons également des vanneries comme souvenir. Nous ne trouvons pas de pain. Je cherche en vain un garagiste pour faire un graissage.

 

 

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Nous prenons tranquillement la route du nord car nous sommes chargés. Les 100  kilomètres jusqu'à Nkhotakota, ne sont pas fameux, mais nous arrivons plus vite que prévu car le bac  est remplacé par un pont tout neuf. Nous voudrions bien nous arrêter par-là aujourd'hui et trouver un coin pour dormir. Le paysage nous plaît bien. Le rest house est cher. Et nous ne trouvons pas d'endroit pour poser notre tente. Nous décidons donc de remonter plus au Nord.

 

 

Nous sommes surpris de trouver 60 km de goudron mais nous sommes dans un bush très arboré, et ne voyons pas le lac. Aucune route d'accès vers celui-ci.

De temps en temps nous traversons un village, situé au bord du lac. Mais il n'y a pas de chemins d'accès au lac et nous ne pouvons planter la tente dans le village. Nous décidons donc de continuer. De temps en temps nous trouvons une belle plage mais sans accès ou vraiment trop près de la route. Il y a toujours beaucoup de gens qui marchent le long de la piste. Nous traversons des plantations de riz et de beaux villages sans tôles ondulées avec de petits greniers sur pilotis en bambous tresser.

 

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À la tombée de la nuit nous faisons le plein d’essence dans un village et nous décidons de continuer jusqu'à Nkhata bay. Et là,  finalement, nous retrouvons à nouveau les Suisses sur la plage. A noter : c’est une des rares fois où nous avons roulé la nuit.

 

 

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Les arbres à saucisses qui ressemblent plus à des boudins blancs

 

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Depuis le pont tout neuf, les montagnes au loin de l'autre coté , c'est la Tanzanie

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  Manioc séchant au soleil

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Nkata Bay

 

 

Samedi 11 : nous passons la journée sur la plage, car il  fait un temps magnifique. Je pèche 5 petits poissons avec une canne de fortune. Mais ils ne sont pas assez gros pour les manger et nous devons acheter des poissons carnassiers du lac pour notre déjeuner. Ils sont excellents.

 

Dimanche 12 : nous restons encore sur cette plage. De nouveaux voyageurs, anglais cette fois, arrivent en land Rover. Ce matin des Sud-Africains blancs en stop se sont arrêtés et nous ont demandé d'où nous venions. Ils n’en revenaient pas et trouvaient que nous n’avions pas peur. Les Suisses et les Allemands s'en vont. Ils se sont fait voler un petit singe très mignon que des enfants leur avaient vendu… Nous apprendrons plus tard que ces gamins passaient leur temps à vendre et voler ce singe aux voyageurs… Ils le maltraitaient pour apitoyer les touristes qui craquaient…

 

Nous passons la journée sous notre manguier à lire. Il fait très chaud et orageux. Le soir nous sommes dérangés par une multitude de moucherons. Il va sans doute pleuvoir.. Nous nous couchons de bonne heure.

 

 

Cuisine au feu de bois pour économiser le gaz.

 

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Les nuages s'en vont et le  soleil chauffe la pluie de ce soir !malawi 0048

 

 

Le petit singe vendu, repris et un peu martyrisé...

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Pèche debout à l'épervier que l'on aperçoit,  pendant à la ceinture de l'homme. Comment font-ils pour le lancer sans se renverser?

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Vers Livingstonia

 Lundi 13 janvier 1975 : évidemment il a plu et pleut encore quant nous nous levons ce matin. Après le petit déjeuner dans la voiture, nous retournons dans la tente jusqu'à 10 heures, nous lisons. Dès que la pluie cesse nous quittons les lieux. Il nous faut plus d'une demi-heure pour sortir de cette plage car la  côte est raide et nous devons monter les chaînes. Arrivés à Nkhata bay, nous nous apercevons que nous n'avons plus d'argent. Nous allons d'abord à la banque, mais celle-ci est fermée. Nous essayons de changer dans un garage en achetant de l’essence. Mais  le garagiste refuse. Nous partons pour Mzuzu. Il y a de bons bourbiers et nous sommes à nouveau obligés de rouler avec les chaînes. Il y a longtemps que je n'avais vu une piste aussi savonneuse.

 

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Quand nous sommes à Mzuzu, la banque est fermée. Nous essayons de changer dans des commerces mais en vain. Il y a un golf où nous essayons de changer. Un noir très sympathique nous offre un pot.

À l'ouverture de la banque, le « manager » nous reçoit très aimablement.

Après nous cherchons un garage pour faire un graissage. Et évidemment  la pompe à graisse ne marche pas. Après le graissage il faut attendre la monnaie. Bref nous sortons de ce garage qui n'a pas d'essence alors qu'il est déjà 15 heures 30. Il nous faut faire trois pompes pour trouver de l'essence et deux magasins pour trouver du pain. Nous trouvons quelques tomates sur le marché. Le nord du Malawi est vraiment oublié…

Nous pensons qu'il est trop tard pour prendre la route, et allons camper à la "gouvernment rest house" pour un Kwatcha et un bain froid.

 

Vers Chirumba

 

 

 

Mardi 14 janvier 1975 :  Nous reprenons la piste vers le nord. Nous avons un contrôle de police assez sévère, avec fouille. Le paysage est bouché par la forêt et le « bush ». Nous n'avons pas de problèmes sur la piste qui est relativement sèche.

Tout à coup le paysage devient grandiose. Le plateau arrive vraiment à pic sur le lac. Nous devons descendre une piste très abrupte avec une vue fantastique  sur le lac.

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Heureusement que nous ne devons pas monter cette côte, jamais je n'y serais parvenu. Une Land Rover nous croise en petite vitesse avec les quatre roues motrices en service et en arrachant nombre de cailloux à la piste.  Il y a des trous et de grosses ravines. J'ose à peine descendre de la voiture pour prendre des photos, car le frein main plus une vitesse suffisent à peine à la retenir .

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 Arrivés en bas au bord du lac, nous trouvons un mauvais bitume. À peine ai-je le temps de m'élancer, que j'éclate un pneu et me « fait » un jante : « se faire » une jante c’est tordre le métal de la jante. Il n'y a rien d'étonnant  vue les nids de poules aux bordures coupantes de ce goudron. Avant de changer la roue, nous décidons de pique-niquer.

Nous savourons un  ananas  acheté sur le plateau tout à l’heure.

Une fois repartis, nous longeons le lac  avec de très belles vues et prenons de jolies photos de petits villages très propres où sèchent sur des rochers, du manioc et diverses récoltes.

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Nous avons quelques difficultés à trouver la route de "German beach". Nous avons depuis cette plage, une très belle vue sur les hautes montagnes de Tanzanie qui tombent à pic de l'autre côté du lac. Sur la carte, on peut voir que cette région de Tanzanie paraît peu accessible et très sauvage.

Nous crevons une deuxième fois.

Avant la tombée de la nuit,  je me dépêche de  réparer les deux roues crevées aujourd'hui. Une chambre à air est irréparable. Un bon bain dans le lac, et nous nous couchons de bonne heure car il commence à pleuvoir. Au milieu de la nuit, nous devons installer la moustiquaire car il est impossible de dormir.    

 

 

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Vers la Zambie

 

Mercredi 15 janvier 1975 : nous nous réveillons les pieds dans l'eau. La voiture aussi. Le soleil brille, mais un noir vient nous dire que nous ne pourrons passer et prendre la route vers la frontière car cela fait deux nuits qu'il pleut beaucoup. Mais, comme le soleil brille et que le temps à l'air de se dégager, nous partons quant même. . Nous  longeons le lac sur une piste très grasse  et très collante. La voiture se ballade beaucoup. Heureusement il n'y a personne qui circule.

 

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Avant d'arriver à Karonga, nous avons un contrôle de police très sérieux. Nous perdons une demi-heure.

Nous sommes bien chargés. Nous avons pris quarante litres d’essence et pas mal d'eau. Nous commençons à monter vers le plateau zambien. Ah, voilà un joli bourbier à passer, avant d'attaquer, Je vais voir à pied d'abord ! Inutile de se lancer là-dedans sans monter les chaînes. J'arrive à négocier quelques virages mais je m’arrête pour attendre Michelle. Je n'arrive pas à reprendre assez d’élan et je glisse dans le caniveau. Il n'y a pas 5 minutes que nous essayons de nous sortir de ce caniveau que des gamins arrivent. Et nous leur donnons quelques pièces pour qu'ils  nous poussent pour redescendre la côte en restant dans le bas coté, car la piste est très bombée et nous ne pourrons sortir de ce caniveau que sur le plat... Il fait chaud et humide et nous mouillons la chemise. Et je décharge les bidons d'essence et les bidons d’eau  avant de me lancer pour passer ce raidillon. Alors que je suis en train de recharger l'essence et l'eau, une land Rover arrive un peu vite. C’est la seule voiture que nous croiserons de la journée… Elle se lance dans le bourbier sans regarder avant. Mais je l'aperçois à quelques centaines de mètres qui se plante jusqu'au moyeux. Les gamins sont déjà partis à leur rescousse pour gagner quelques pièces. Dans ce pays quand il pleut beaucoup, apparemment les gens ne roulent pas ? J’ai l’impression que si nous avions un accident, les secours ne seraient pas rapides ? …

 Nous repartons. La piste  sèche rapidement par ce soleil de plomb. Après une vingtaine de kilomètres nous ôtons les chaînes. C’est vraiment une piste de montagne qui  nous emmènent à la frontière.

 

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Nous trouvons de très jolis pagnes sur  le bord de la piste, mais nous n'avons plus assez de Kwachas pour les acheter. Dommage.

À la frontière nous attendons une demi-heure avant que les douaniers s'occupent de nous. Deux américains, ne veulent pas se faire couper les cheveux.

La piste devient plus plate et plus droite. Non roulons un peu plus vite. Mais  les vingt derniers kilomètres avant Tunduna redeviennent plus tourmentés, gras et glissants. Nous hésitons à remettre les chaînes. Dans un bourbier, un bus est planté. C’est le seul véhicule que nous doublerons aujourd’hui. Nous passons juste, sans nous arrêter, car si nous stoppons, nous ne repartirons pas. Nous arrivons à la tombée de la nuit à Tunduna. Nous couchons encore dans la voiture dans le parking d'une « rest house ». Les noirs qui la tiennent sont sympas et ils nous offrent la nuit. Je n'ai guère eu aujourd'hui le temps d'admirer le paysage, trop occupé  par la conduite et l'état des pistes. Michelle me dit que c'était toujours du bush arboré.

 Nous n'avons pas rencontré beaucoup de population aujourd'hui et très peu de cultures.

Nous sommes entourés pendant notre repas par de jeunes gamins très drôles. Il y en  un qui m’a l’air très dégourdi et qui parle un peu l’anglais. Quant nous nous endormons la pluie commence à tomber.    

 

 

 

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