F : Le Lesotho et l'Afrique du Sud

Publié par bruno demoury

 

 

 

Jeudi 14 novembre 1974 :

Nous levons le camp à 9h30. Le temps est mitigé, les pluies alternent avec le soleil. Nous ne pouvons aller dans la réserve du Golden Gate car il a plu les cinq jours derniers sans discontinuité.  La piste est impraticable. Nous prenons donc la route de Fouriesburg. A notre arrivée, nous changeons de l'argent puis nous prenons la piste  pour le Lesotho vers Butha Buthe.

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Nous passons la frontière sans  problème. Les douaniers  nous procurent les visas pour 5 Rand tout de suite. Alors qu'à Durban il fallait une semaine et payé 7 Rand pour les obtenir. Tout se passe dans la détente. Ils nous demandent quand même si nous avons des armes. Puis nous prenons la piste et retrouvons des villages africains avec les cars de brousse archi bondés. Nous achetons des tomates sur un marché. Puis nous reprenons la piste tout doucement car elle est vraiment très mauvaise.

A Butha Buthe, nous trouvons le goudron. Et roulons tranquillement  jusqu'à Maseru. Le paysage est pauvre. Les petits villages de construction hétéroclite se succèdent, les cases sont rondes ou carrées, les toits en chaume ou plats. Certaines sont très belles avec des dessins sur les murs. Mais je n'arrive pas à trouver une belle photo à prendre. Nous roulons doucement pour admirer le paysage. La piste est étroite et la voiture ne tire pas. Elle cliquette beaucoup. Il faut dire que l'essence est du 93. Et nous sommes en altitude.

 Le Lesotho a une superficie de 30.350 km². Il est peuplée de 1.370.000 habitants. Comme le Swaziland, c’est en quelque sorte un bantoustan. Ces deux anciens protectorats britanniques sont des petits royaumes théoriquement indépendants mais complètement enclavés dans les territoires de république d'Afrique du Sud. Beaucoup trop nombreux, la population ne dispose pas de ressources suffisantes et doit s'expatrier sur le territoire sud-africain pour travailler. Les 2%  de blancs possèdent la moitié des terres.

 Nous arrivons dans la capitale, Maseru, il est 17 heures, nous faisons un tour et prenons quelques photos. Nous allons voir «Holliday Inn ». C'est un très bel hôtel. À l'intérieur on y trouve tout ce qui est  interdit en Afrique du sud : machines à sous, boîte de nuit, etc... On y joue même  la comédie musicale "Hair"... Avant de quitter la ville pour trouver un camping, un européen nous accoste et veut  nous faire rencontrer un français. Mais nous ne le trouvons pas. Finalement il nous indique un coin pour camper " very exiting" pour passer la nuit. Nous nous y rendons. Il est vrai que la vue sur la ville de Maseru au coucher du soleil est superbe. Beaucoup de jeunes Africains viennent autour de la voiture et attendent un "sweet ". Ils sont couverts de belles couvertures et de leurs feutres.

 

 

 


Le Lesotho est un pays de plateaux et de montagnes entre 2000 et 3000 metres.

Ce tout petit pays n'a aucun accés à la mer et est complètement enclavé dans l'afrique du sud.

 

La place du premier village que nous traversons (la photo) nous rappelle l'Afrique que nous connaissons bien. Le contact avec les africains est complètement différent et complètement identique à celui de l'Afrique noire que nous aimons et que nous avons connu au Gabon pendant 4 années.

 

 

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Nous y voyons les plus belles peintures rupestres de notre voyage

 

 

Elles étaient sous des voutes en rocher impossible à atteindre par l'eau de pluie, mais l'arrosage comme on le voit sur la photo n'a pas du les arranger?...

 

 

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Après la visite des peintures rupestres , nous rencontrons cette petite fille et

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et ces garçons dont les jeux sont très subtils et auxquels il faut s'entraîner pour rivaliser avec eux

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  Souvent les boeufs tirent ces luges sans roues !cap3 0017 (37)

 

 

  Ces attelages rapellent la découverte et la pénétration à l'intérieure de toute l'Afrique australe

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 Le drapeau du lesotho

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Nombreuses sont les femmes qui portent ce magnifique chapeau emblème du drapeau

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Vendredi 15 novembre 1974

Nous avons dormi au bord de la piste et ce matin en sortant de la voiture, ces jeunes garçons viennent quémander quelque nourriture.

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Les habitants se déplacent beaucoup à cheval

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Copie de piste leso

 

 

 

 

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Le paysage est toujours assez aride. Il n'y a pas beaucoup de villages et de population. A Mafeteng nous prenons la piste pour Mohales Hoek. 

 

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Nous rebroussons chemin vers la frontière car la piste que nous avons prise  est vraiment impraticable et je crains d'arriver encore après 6 h dans une station service. Nous repassons la frontière et nous dirigeons vers Wepener où nous faisons provision d'essence pour le week-end.

 

 

Nous descendons des plateaux du Lesotho pour entrer à nouveau en Afrique du Sud

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Voila la visibilité quand on suit un camion sur la piste!!!

 

 

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   Nous repassons la frontière et nous dirigeons vers Wepener où nous faisons provision d'essence pour le week-end.

Après les réserves faites, nous rebroussons chemin pour admirer d'autres peintures rupestres. Nous les trouvons sans trop de difficultés mais malheureusement elles ont été enlevées par des malfrats au marteau et burin, il reste juste un petit bout de peinture. Quel dommage !

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        Dimanche 17 nov 1974 : Nous partons de bonne heure car il fait vite très chaud sous la tente. Nous prenons la route vers Kimberley. Le paysage est toujours très riche et très plat.

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Mais peu à peu les cultures disparaissent pour laisser place à de la terre très rouge parsemée de quelques touffes d'herbe très blanche. Il y a vraiment des différences de régions et de microclimats dans cette Afrique du sud.

 

Nous arrivons à Kimberley : la ville du diamant.

 

Kimberley

           A la fin du XIX siècle , un chariot de "Fortrekkers" identique à ceux photographiés au Lesotho rencontre un petit berger qui jouait avec des pierres brillantes en gardant ses moutons, c'était des diamants...

 


Monument en l'honneur des chercheurs ou plutôt des creuseurs.

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17 nov 1974

 

Les concessions pour l'exploitation du trou était de 1 à 2 m².

Ce trou n'a que 2 km de périmètre.Il a été extrait 25 millons de tonnes de terre et pierres très dures pour une production de 14 504 566 3/4 carats soit l'équivalent de 3 tonnes de diamant.

Pour rappel : le diamant est du carbone pur qui devient diamant par compression dû à un volcan qui n'arrive pas à exploser.

 

Il y avait dans une partie du musée des photos noir et blanc de l'exploitation.

C'était des conditions d'extarction invraisemblable, sans compter les bagarres etc...

C'est de ce trou creusé  pratiquement à la main que furent extrait les plus gros diamants du monde dont le fameux Culligan de la couronne d'angleterre.

La visite du musée nous accapare pendant plusieurs heures.

 

 

  (L'objectif de 25 l'écrase beaucoup.)

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  Kimberley : le musée

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vieux village autour du trou a été transformé en musée

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La salle de bal

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Le wagon de Rhodes , président de la compagnie de chemin de fer

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La salle à manger du wagon

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Entre Kimberley et Jobourg, nous traversons un village plein d'éoliennes pour tirer l'eau

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Dans les alentours de Johannesbourg, nous apercevons  ces villages  où habitent les noirs

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Nous retrouvons les étudiants rencontrés au Cap

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  Mardi 19 novembre 1974  : Dans le centre de Joburg nous  arrivons très facilement à nous repérer et à trouver car toutes les avenues sont  à angle droit et les plans de l'automobile club sont remarquablement faits.

Après un excellent repas et dans une atmosphère très sympathique, Jerry et Christine nous emmènent visiter Johannesburg by night... Le temps est dégagé. Nous en profitons pour monter en haut d'un building de 50 étages. Quelques secondes suffisent pour se rendre sur la terrasse : l'accélération et la vitesse de l’ascenseur sont surprenantes. La vue est impressionnante et nous faisons des photos de nuit .

 

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Tous les jours, nous nous obligeons à rédiger nos carnets de bord , ce qui 35 ans après me permet de vous retranscrire ce voyage.

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Pretoria

 

 

 

 

Vendredi  22 novembre 1974 :

Nous prenons l'autoroute jusqu'à Pretoria. Là, nous allons chercher un permis pour Mapoch village. Nous visitons la ville de Pretoria, la maison de Kruger, premier président de R.S.A.. Nous allons voir la place où est érigée sa statue.

 

La maison de Kruger, transformée en musée.

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Kruger

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L'université blanche de Pretoria

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Puis la maison de Melrose, où fut signé le traité de paix entre les Anglais et les Boers.

 

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Nous retournons à la voiture car nous avons beaucoup marché. Nous voyons également la très belle et très grande maison du gouvernement, tout en pierres et tuiles rondes, immense, impossible de la photographiermalgré l'objectif de 24mmm. C'est paraît-il le plus grand gouvernement du monde ?

 

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            Puis nous allons au camping. Le câble de compteur rend l’âme. Je le change.

 

 

 

  Alentours de Jobourg

 

 


 

Nous sommes très très bien reçus par ces allemands rencontrés à la White Lady au sud-ouest Africain. Ils veulent nous payer une chambre d'hôtel en ville. Mais nous refusons un peu gênés et puis nous préférons dormir dans son jardin pour ne pas abandonner la voiture. En effet, la nuit, les rues de Johannesburg  ne sont pas très sûres. Il  y a chez lui un autre allemand qui vient des Indes avec un combi WW.

Le soir ils nous amènent prendre le dîner dans un restaurant du quartier allemand. Les plats de viande sont plus que copieux. Ils "s'envoient" des steaks de 750g chacun. Nous sommes un peu écoeurés. Mais la viande est vraiment très bonne. Nous sommes installés dans une vieille et belle propriété avec piscine, beaucoup d'arbres, de coins ombragés, et courettes, avec des petites cabanes, tout cela est couvert en toit de chaume.

 

  Les rues des faubourgs résidentiels de Johannesbourg sont plantés de magnifiques Jacarandas mauves

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  La maison des allemands qui nous accueillent

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Ndebele Village

 

 

 

 

 

Samedi 23 novembre 1974 : nous nous réveillons encore tard car il ne fait pas chaud dans la voiture. Nous traînons et ne partons qu'à 11h30, en direction du village de Mapoch. Nous tournons beaucoup, car évidemment il n'y a aucune pancarte. Nous nous perdons "bien, bien". Pour retrouver la route touristique nous allons jusqu'à Brits par des déviations "infectes" et dangereuses (un camion s'est retourné), les pistes sont pleines de trous.

Je suis de très mauvaise humeur .... paraît-il ?

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Nous visitons le village où les cases rondes sont très grandes. Une salle commune ronde au centre puis tout autour un couloir périphérique qui sert pour les provisions et pour récupérer l'eau de pluie. Les murs de ces très immenses cases sont peints  de dessins très originaux et très hauts en couleurs. 

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Ces femmes enfilent des perles pour confectionner les objets ci-après

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La grande ne veut pas se faire photographier et regarder le cache sexe en perles de la petite

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Puis nous reprenons la piste jusqu'à Randfontein, Roodepoort et Krugersdorp, nous avons encore du mal à trouver le camping dans cette ville perchée à 1774 mètres d'altitude. Il y a encore une boîte de nuit juste à côté... Nous dormirons donc encore dans la voiture. Théoriquement nous n'avons que 20 kilomètres à faire demain  matin avant de se trouver au village pour assister à des danses.

 

 

Danses zoulou

 

 

 

            Dimanche 24 : lever 7h30. Nous allons voir les danses. Nous arrivons à rentrer tous les deux dans le site, bien que nous n'ayons qu'une entrée gratuite. C'est un genre de petite arène circulaire complètement fermée. Elle est divisée en deux parties égales. D'un côté les noirs, de l'autre les blancs. Ça fait vraiment très bizarre et c’est difficile à supporter quand on a vécu en Afrique sans apartheid. Nous nous mettons à la limite des deux séparations. Et cela nous permet de faire des photos des petits Africains en uniformes "très classe". Nous arrivons juste au début car nous avons encore eu du mal à trouver cet endroit. Les danses Zoulous sont vraiment impressionnantes. Quant ils tapent des pieds, le sol vibre. Quant les Anglais se sont battus contre eux il paraît qu'on les entendait venir de très loin et que l’armée anglaise était terrorisée. Nous assistons à 2h30 de spectacle. A l’intermède, nous avons droit de déguster un thé offert.

 

 

Impressionnant !!!

 

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Les gradins sont circulaires et divisés en deux la moitié pour les blanxcs l'autre pour les noirs

La tenue typique du sud africain blanc : le short anglais et la saharienne de la même couleur bleu clair comme ici ou kaki,  les grandes chaussettes, chaussures en koudou impeccablement cirées et souvent le peigne sous l'élastique de la chaussette ...

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            Mardi 26 : à 6h30, quelqu'un frappe à la fenêtre de la voiture : nous grommelons. Mais c'est la servante qui  nous amène un petit thé très fort et très noir. Nous le savourons. Nous sommes un peu gênés de la façon dont nous l’avons reçu. Puis nous redormons jusqu'à 9h. Nous sommes alors invités à prendre un plantureux petit déjeuner dans la salle à manger de nos hôtes allemands.

 

Nous allons à Johannesburg, nous récupérons les pellicules de photo. Après nous allons  prendre un thé. Nous rentrons vers 14h30 pour nous délecter jusqu'à 18 heures dans nos diapositives.