N : Le Nigeria et le Niger

Publié par bruno demoury

Vers le Nigeria

 

 

 

 Mercredi 7 mai 1975 : Les Suisses nous quittent vers 6 heures alors que nous nous levons tranquillement. Malgré les quelques gouttes de pluie tombées ce matin il fait déjà très chaud. Nous aurions aimé une bonne tornade pour rafraîchir l'atmosphère. La nuit fut encore médiocre, peut-être la fatigue ?

La piste n'est pas trop bonne jusqu'à Maroua et nous nous arrêtons pour discuter avec les blancs qui font la route goudronnée. J'ai en effet un copain de Douai du nord de la France qui travaille dans les TP au  Cameroun. Mais non, ils ne connaissent pas.

Nous repartons donc pour Maroua. Nous changeons de l'argent dés notre arrivée. Nous ne trouvons pas de correspondants de la BNP, ce qui nous pose des problèmes. Après nous allons au marché ou tout est terriblement cher car ils nous voient venir comme de bons petits touristes... Nous commençons à être fatigués de discuter toujours les prix. Nous prenons le temps quand même de boire un pot car il fait très chaud et nous sommes contents d’être à nouveau seul

A peine sommes-nous assis qu'une foule de marchands nous entourent pour nous proposer des souvenirs. Nous arrivons à baisser les prix jusqu'à dix fois mais malheureusement nous n'avons pas le temps et nous avons besoin d'argent. Nous achetons quand même un joli jeu de douze brochettes avec de jolies têtes de biche en bronze coulé, un métier à tisser des bandes, ainsi qu'un cache sexe de petite fille.

Et puis finalement, nous prenons un repas au restaurant. Nous faisons les pleins d’essence et d’eau et nous cherchons la route pour  la frontière

 

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Alors que la végétation est très sèche et que cet arbuste paraît mort, si on casse une branche un liquide blanc comme du latex s'écoule de suite.

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La piste est très mauvaise comme souvent entre deux postes frontières, après Nora, nous passons la douane sans problème, puis la frontière puis à nouveau la douane et  la « custom » nigériane. Nous n'avons pas problème, ils nous demandent juste si nous avons des antiquités. Aussitôt la frontière nous trouvons une piste qui est un véritable terrain d'aviation nous roulons  rapidement pour gagner Maiduguri et essayer d'aller dans une " rest house".

 

 

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Nous trouvons le macadam un peu avant Bama. A 20h, nous sommes à Maiduguri. C'est une grande ville grouillante, nous demandons un hôtel pour l’équivalent de 40 francs. Nous allons à la « rest house ». Ils ne veulent pas attendre demain pour payer et nous demandent l’équivalent de 100 francs pour une chambre non climatisée.

 Comme nous n’avons pas d’argent nigérian, nous reprenons la route et nous couchons dans la brousse. Nous avons perdu encore une heure. Vers 22 heures nous stoppons à une trentaine de kilomètres après Maiduguri. Nous nous couchons à minuit mais nous ne sommes pas rassurées et sommes constamment réveillés par le moindre bruit et les énormes camions qui font bouger la voiture. C'est un des seuls soirs où nous avons roulé la nuit et dormi au bord d’une grande route. Je ne le referais pas aujourd’hui connaissant mieux ce pays aujourd’hui… c’était très risqué… Dieu quelle journée !       

 

 

 

Jeudi 8 mai 1975 : après une très mauvaise nuit de quelques heures seulement nous nous levons à 5 heures 30 il fait frais et nous voulons rouler à la fraîche et de bonne heure car je ne veux pas repasser une nuit au bord d’une grande route. Nous démarrons à 6 heures 30. Nous roulons dans un brouillard mauve orangé où le soleil voilé essaie de percer.

 

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Le paysage est semi-désertique, quelques arbustes et de gros baobabs. Ce brouillard indigo par 35°C est vraiment très surréaliste. Il a du pleuvoir, il y a quelques jours car l'humidité est importante.

 

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            Il fait 45° dans la voiture toutes vitres ouvertes. Nous souffrons de la chaleur.

À 10 heures nous nous arrêtons pour grignoter et boire du thé. Après Damaturu, nous avons une strip-road jusqu'à Kari. Les camions ne bougent absolument pas de la bande goudronnée centrale et nous devons entièrement sortir du goudron et même nous garer sur le bas côté.

 

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Les villages ressemblent à ceux du nord Cameroun. Ils sont entourés d'un genre de futaie séchée impénétrable pour la vue et sans doute aussi pour le vent du désert. Il doit faire une chaleur étouffante dans les cases.

 

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À Kari, nous retrouvons une superbe route  goudronnée et ce jusqu'à Kano. Nous prenons de l’eau dans un puits au bord de la route mais un Haoussa  vient et veut nous faire payer...

 À une heure , après le " lynch ", nous reprenons la route et il nous reste encore à 258 km jusqu'à Kano. C’est long aujourd’hui…

À 15 heures  nous sommes à Birnin Kudu, nous arrêtons à la  « rest house » car j’en ai assez... Comme c'est très cher et qu'ils ne veulent pas de nos travellers cheques nous décidons d'aller jusqu'à Kano.

Arrivés à Kano, il nous faut près d'une heure pour trouver le Kano club où nous avons rendez-vous avec les Suisses. Vers 19h, ils arrivent et nous nous couchons encore tard. Je suis un peu fatigué par la chaleur et le nombre de kilomètres parcourus depuis deux jours. Et surtout de la mauvaise nuit passée au bord de la route.

Le Nigeria est peuplé à l'époque de 56.5 millions d’habitants pour une superficie de 923 768 km². C’est le plus peuplé des pays d’Afrique et le deuxième producteur de pétrole.

 

 

Vers le Niger et Zinder

 

 

Vendredi 9 mai 1975 : après avoir mal changé nos dollars car nous sommes fatigués de discuter, nous allons à la Poste où nous trouvons des lettres. Après une ou deux courses, je répare les roues crevées et nettoie le coffre des outils où un bidon d'huile de  freins s’est renversé, quel chantier !

Nous ne sommes pas très nerveux, et commençons à être fatigués par ces foutues voitures qui sont de plus en plus souvent en panne. Mon vilebrequin est en train de lâcher et de faire de plus en plus de bruit. Peter a encore tordu ses deux bras de suspension et sa direction est complètement usée. Nous nous couchons encore tard.

 

 Samedi 10 : en se levant ce matin, mon tea shirt a disparu ainsi que certains bouchons de jerricans…Nous perdons du temps à tourner en ville pour rien. Nous ne trouvons ni tissu, ni marché aux légumes, rien. Cette ville est un vrai caravansérail. Les voitures klacksonnent  et comme  la priorité dans les ronds-points est à gauche et que nous n'avons pas l'habitude... En effet au Nigeria ils roulent à droite depuis un an seulement. Mais ils ont gardé la priorité des ronds-points anglais et nous évitons de justesse quelques graves accidents. Nous rentrons  au camping toujours aussi abrutis par la chaleur, la circulation, et les Haoussas.

Nous déjeunons, je redresse une jante et vérifie la mécanique. Puis nous nous reposons en écrivant nos cahiers et des lettres. Les Suisses sont partis à la piscine.

 

 Dimanche 11 mai : avant de partir, nous achetons des oranges très chères, mais ce sera bon pour la route car nous sentons que nous allons avoir très chaud.

Nous prenons la route de Zinder. Le paysage est toujours le même, les arbustes se raréfient au fur et à mesure que nous montons vers le nord. Les villages sont toujours identiques.

Nous passons la frontière sans aucun problème : douaniers et gendarmes sont très aimables.

 

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Dès que nous sommes au Niger, les habitants nous font de grands bonjours. Nous sommes à nouveau contents de retrouver un pays francophone. Nous sommes vite à Zinder. C’est une petite ville qui a l’air très calme et très mignonne. Mais comme c'est dimanche, tout est fermé. Nous verrons demain.

Pour une fois, beaucoup de 2CV de 3 CV Citroën dans le centre ville…! C’est bien rare depuis notre départ. Il y a même un grand garage Citroën en arrivant. Nous verrons demain ce qu'ils ont comme pièces et si je change mon vilebrequin avant le désert.  

 

 

Zinder

 

 

Lundi 12 mai 1975 : après la Poste et la banque, je tourne en ville pour trouver des échelles de sable ou du métal déployé pour les fabriquer. Nous faisons réparer le siège par un petit cordonnier pour 200 francs CFA soit 4 FF, mais ce n'est pas très bien fait. Nous achetons encore des souvenirs à des Haoussas. Je vais voir Peter qui travaille sur sa direction.

Nous avons trouvé un petit campement très sympathique nous dormons dehors sur des petits lits en bambous sans matelas.(A droite de la porte AR de la "deuche")

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Vers midi, un africain me propose des plaques pour 15 heures 30. Nous ne sommes pas très nerveux, il fait réellement chaud et la nuit n'a pas été fraîche du tout, et nous avons mal dormi.

À 15 heures 30, j’achète les plaques qui sont très bien. Elles me coûtent 2000 F CFA soit 40 francs. C'est simplement du métal déployé, ce n'est pas trop lourd, c'est parfait. C’est nous  qui devront les prendre sur la galerie…Encore du poids supplémentaire...

Je rentre à nouveau au campement, je change bougies et rupteur. Je passe beaucoup plus de temps que prévu car je « foire » la vis de réglage. Et je dois bricoler encore…

 

 

Vers Tanout

 

 

Mardi 13 : avant de quitter Zinder, j’achète un vilebrequin.135.734 francs CFA soit  2.700 francs français. Mais  je pars tranquille. Nous ne quittons Zinder qu'à 10 heures 30 sur une piste très très ondulée, très dure.

A 1 heure, nous nous nous arrêtons et pique-niquons dans la voiture malgré les 47°C. Quand nous sortons de la voiture, nous avons l'impression qu'il fait encore plus chaud. Nous avons mis les rideaux sur les fenêtres de coté, à l'arrière et n'avons plus que le pare-brise pour voir la route.

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À 14 heures 20 nous sommes à Tanout. Nous stoppons et nous nous reposons dans un garage. Puis nous allons demander de l’eau. Mais nous nous enlisons dans le sable.

" Devant ", " derrière ", crient les Africains en se moquant de nous.

 Nous allons à la gendarmerie pour demander où se trouve le puits. Nous discutons un moment car le chef arrive... Il est accompagné de très belles et grandes femmes sans doute des Peules. Auprès du puits toute une foule de femmes et d’enfants s’affairent et jouent. Après notre plein d'eau, comme il fait meilleur, disons moins suffocant, nous décidons de continuer et d'aller jusqu'au début du sable. Nous pourrons l’attaquer de bonne heure et de bonne humeur demain matin. Nous faisons bien de continuer car la piste est une terrible tôle ondulée que nous devons prendre à 20km par heure à cause des 70 l d’eau que nous avons pris chacun

 

 

 

 

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Nous dépassons beaucoup de puits entourés de troupeaux et de chameaux. Les gens nous font de grands bonjours et n’ont pas l’air de voir beaucoup de touristes. La plupart des voyageurs à cette époque  prenaient la route de Tahoua, In Gall, beaucoup moins sableuse que Tanout Agadez, mais beaucoup plus longue. La police d’Agadez déconseille même aux gens qui descendent de passer par Tanout… Nous verrons bien demain…

 

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Vers 17 heures nous traversons un oued... Je suis en tête. Un passage de sable est en vue, je ne prends pas assez d'élan et je m'ensable. Nous dégonflons les pneus, en poussant un peu, ça repart... puis nous roulons encore en 5 ou 6 km et nous stoppons, il commence à y avoir des pistes parallèles, alors ça suffit pour aujourd'hui.

 

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Alors que nous cuisinons, nous buvons à deux, 10 litres dans la soirée. Après s'être reposés, nous regonflons les pneus pour demain. Si demain nous devons pousser nous boirons facilement nos 10 litres par personne.

 

Vers la falaise de Tiguidit

 

 

 

Mercredi 14 mai 1975 : je me réveille avec le lever du soleil, et sonne le clairon pour tout le monde.

 

 

A droite ou à gauche ? On prend où la pente est la moins forte pour faciliter la tache du petit moteur des 2 CV , donc à gauche toute...

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Dés que nous sommes partis, après 2 km, Peter se plante. Nous avons du mal à le sortir malgré les échelles de sable.

 

 

Je prends le maximum d'élan en première, je tourne à 40 km/h à 7500 tours. Je passe sans problème, mais jamais le moteur ne tiendra à de tel régime et par une telle chaleur jusqu'à la fin du Sahara ?

Pendant 20 kilomètres nous tournons à plein régime et nous nous plantons 9 fois : 6 pour moi, 3 pour Peter. Il faut dire que ma première saute et si j'oublie de la tenir, je suis sûr de m'ensabler.

Peter prend de l'avance et s’amuse comme un fou… il va encore casser du matériel…

Nous devons maintenant nous sortir de nos mauvais pas tout seul. Nous mettrons deux heures pour faire les 20 premiers kilomètres. A 11 heures 30, nous n’avons fait que 40 km.

 

 

 

À midi Peter crève.

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Dés que nous nous arrêtons, des nomades arrivent d'on ne sait où ?

 

Nous en profitons pour pique-niquer. Nous faisons du thé car nous avons déjà bu 3 litres chacun depuis ce matin.

Comme il fait meilleur à rouler, nous continuons. Nous discutons avec des allemands qui descendent en Unimog.

À 15 heures 30, nous arrivons à Aderbissinat. Un très beau village où je regrette de ne pas avoir dormi.

 

 

Aderbissinat

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À 16 h, nous trouvons une piste impeccable après 134 kilomètres de sable sans interruption. Nous sommes à la falaise de Tiguidit à 18 heures.

 

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Le site est grandiose et nous décidons d'y passer la nuit. Nous prenons une bonne douche en gardant trente litres de réserve pour demain, on ne sait jamais...

Cette fois le paysage est vraiment désertique. De temps à autre nous apercevons quelques chameaux. Et aussi quelques troupeaux de vaches qui ont l'air de se très bien portées. Nous doublons deux caravanes de chameaux et quelques ânes montés. A la falaise, nous donnons de l'eau à des touaregs.

Nous passons une nuit tranquille et dormons car nous sommes complètement épuisés. Pendant les deux heures qui ont suivi le repas, nous ne faisons que boire du thé et de la menthe.

Nous avons pris de l'exercice aujourd'hui, car il faut ramener à la voiture les plaques de désensablages qui à la longue deviennent lourdes.

Après la douche, nous sommes presque frigorifiés à cause de l'air beaucoup plus sec. Comme nous nous couchons, il fait encore 38°C dans la voiture.

 

Agadez

 

 

 

Jeudi 15 mai 1975 : à 10 heures nous sommes à Agadez.

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Nous avons fait 450 km entre Zinder et Agadez au lieu de 471 marqués sur la carte... Il faut dire qu’à certains endroits, il y a tellement de pistes, que nous avons du prendre des raccourcis ? Nous passons les formalités de douane et de police. Nous avons à nouveau des problèmes à la banque pour changer les travellers BNP ... Nous faisons un tour en ville. Puis nous allons à la Poste. Nous nous installons dans le camping où nous restons tout l'après-midi.

 

 

Le camping est bien ombragé

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Je travaille un peu sur la voiture. Nous allons au restaurant du camping et savourons un bon repas. Nous avons un petit vent de sable vers 22 heures.

 

 

 

Vendredi 16 mai 1975 :

Au milieu du camping, il y a une piscine. Elle n’est guère engageante... Mais nous nous baignons quand même. Comme nous en sortons, l'air chaud et sec du désert nous glace. Mais cela ne dure que dix minutes. Après nous étouffons à nouveau.

 Agadez, la perle du désert !   Nous allons faire un tour en ville , retournons à la police et à la gendarmerie, pour régler d'autres formalités. Ils sont très aimables.

Nous en profitons pour faire un tour de marché, nous trouvons tomates séchées, pommes de terre et menthe séchée.

 

 

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Le Niger à l'époque, est peuplé de 4.13 millions d’habitants pour une superficie de 1 267 000 km². Principale richesse : l'uranium à Arlit.

 

 

 

 Samedi 17 mai 1975 : nous allons faire des photos en ville, du marché, et surtout de la très belle mosquée. Aujourd'hui, il est paraît-il interdit de la photographier ? Nous retournons au marché pour faire des provisions de vivres frais. Il y a des touaregs magnifiques.

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Nous allons à l'hôtel de l'Aïr, pour remettre une lettre qu'on nous avait confiée à Garoua au nord du Cameroun. Puis nous faisons les pleins d’essence et rentrons au camping : piscine, repos. Des Suisses arrivent avec une Torpedo. Puis d'autres arrivent avec une 2CV.

 Le camping est complètement clos par de hauts murs pour se protéger des vents de sable et des vols. Je fais des photos dans le camping de petits touaregs entrés sans autorisation et qui font les poubelles. Ils se cachent derrière les poubelles faites avec des fûts de 200 litres et ramassent des sacs pleins de pain laissés par des camions de touristes et s'en vont en courant.

 

 

Camions de touristes allemands

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Malgré l'uranium, le Niger reste l'un des pays les plus pauvres de la planète...

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Nous dînerions bien ce soir encore au petit restaurant du camping, mais nous n'avons plus d'argent à cause de ces sacrés chèques BNP que nous n'arrivons pas à changer. Je suis furieux. J'appréhende un peu, pour l'Algérie, le Maroc et l'Espagne.

 

 

 

Vers Arlit

 

 Dimanche 18 mai 1975 : nous prenons la piste  à 7 heures car nous avons perdu du temps pour tirer l'eau au puits. Nous partons avec 60 l chacun.

 

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Nous roulons évidemment tout doucement car la tôle ondulée est terrible 20 à 25 km/h pas plus. Le début est très beau avec les montagnes de l’Aïr.

 

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Il y a quelques oueds asséchés.

 

 

 

 

 

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De temps en temps quelques petites parties de piste un peu meilleures.

 

 

 

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Des passages de sable comme du talc. Cela fait une poussière terrible. Peter se plante une fois et disparaît dans un nuage de fesh fesh.

 

 

 

Je suis devant et suis passé à gauche de la photo de justesse dans un nuage de sable comme du talc.

je m'arrêtte pour faire signe à Peter de passer à gauche , mais non, il veut passer tout droit et voila le résultat.!!!

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Le bois pour la cuisine

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Un peu avant Arlit: la piste est tellement mauvaise que nous préférons rouler à coté, même si c'est plus mou

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À 16 heures, nous sommes à Arlit. Nous n'avons pas de problème pour trouver la piste de demain. Nous nous arrêtons à la police. Il faut revenir à 19 heures...

En attendant, nous essayons de trouver de l'essence. Il faut repasser aussi. Nous allons donc boire un pot au « club français » de l'usine d'extraction d'uranium. Nous sommes autour d’une très belle piscine, des femmes arrivent en botte de cuire alors qu'il fait une chaleur incroyable. Nous avons envie de nous baigner mais les blancs ne sont vraiment pas sympas et ne nous le proposent pas... Et les enfants qui se roulent dans la boue avant d'aller se jeter dans la piscine, sont vraiment d'une éducation remarquable… ?

Après un moment, nous allons avec Peter à l'essence. Il n’y a toujours personne à la pompe. Nous décidons d'aller à l'usine de traitement du minerai d’uranium. Nous roulons sur une superbe autoroute pendant 7 km : personne évidemment à l'usine. Nous rentrons à Arlit et essayons de trouver de l’eau pour le lendemain. Je demande à nouveau à des blancs du cercle, pour dormir. Ils nous envoient  je ne sais où , et finalement nous nous installons sous des arbres pas très loin du club.

Vers 18 heures nous commençons à boire litres après litres : thé, menthe et eau, c’est incroyable il n’y a pas moyen de calmer la soif. Ce doit être terrible de mourir de soif… ?

Nous prenons la douche de bonne heure, déjeunons et nous couchons car nous voulons partir à la fraîche demain matin. Un jerrican en plastique  nous "abandonne" à nouveau (fendu).

 

 

 

  D'Arlit à Assamaka

 

 

 Lundi 19 mai 1975  : nous ne nous levons pas trop tôt puisque l'essence n’ouvre qu'à 7 heures. Nous « poirotons" à la pompe jusqu'à 8 heures. Quant celle-ci ouvre, nous sommes contents d’apprendre qu’elle est vide. Le pompiste nous donne des bons pour récupérer de l'essence à l'usine d'uranium.

Nous devons encore récupérer nos passeports et après nous filons donc à l'usine.   Mais là c’est le compteur de la pompe qui est en panne. Il faut donc remplir les jerricans de vingt litres pour ne pas se faire avoir. Et ensuite se les re-transvasés dans les réservoirs. Bref, il est près de 9 heures 30 quand nous commençons à rouler vers Assamaka. Cette piste n’est même pas marquée en pointillés sur notre carte…

 

 

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Tout de suite des étendues immensément plates à perte de vue s'offrent à notre regard.

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Plus nous avançons, plus il y a des milliers de traces parallèles. Chacun fait sa route. Nous roulons  vite car c’est plat et sans tôle ondulée. C’est un des meilleurs souvenirs du Sahara. 

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 La piste est très bien balisée.

 

Tous les km, un fût de 200 L surmonté d'une petite pancarte indiquant les km !

 

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 Nous allons donc de balise en balise en essayant de trouver les meilleurs passages.  

 

Le ciel est mauve à certains moments.

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De temps en temps il y a des passages de sable. Nous devons dégonfler les pneus.

 

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Mais pour l'instant ça passe très bien et au bout d'une heure nous avons déjà fait 50 km. Nous croisons deux combi WW. Ils ont 55°C à l’intérieur car ils n’ont pas d’isolation.

 

 

 

Le paysage nous plaît beaucoup sur notre droite nous avons de grandes dunes.

 

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Au bout de deux heures nous avons déjà fait 100 km : pas un seul ensablement. 

Nous croisons deux 404 dont une est enlisée. Nous allons leur donner un coup de main mais une plaque de sable m'arrache le genou, alors ça va bien. Nous arrêtons de les pousser. Ils ont beaucoup plus de difficultés que nous.

À quelques kilomètres de là, nous nous « plantons » tous les deux. Mais grâce au plaques de sable et en dégonflant encore plus nous arrivons à nous sortir de ce mauvais pas. À midi nous nous arrêtons pour le pique-nique. Nous restons dans la voiture. Car il fait 49°C quant nous roulons. Pendant le repas la température redescend à 45°C.

 

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À un moment les traces disparaissent sous une dune, il faut donc l’escalader. En prenant beaucoup d’élan, nous arrivons à passer. Quelques minutes plus tard, une autre dune un peu plus haute. Mais nous passons encore une fois. Ces milliers de pistes parallèles, c'est vraiment impressionnant... 

 

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De temps en temps, nous sommes obligés de prendre des jumelles pour trouver la balise suivante. Car des mirages nous font apercevoir  des arbres de la même  tailles que les bidons… Et nous avons des difficultés à trouver les bidons au milieu des mirages qui font vibrer les objets et les arbustes fictifs que nous voyons.

Tous les point noirs à l'horizon, disparaissent au fur et à mesure que nous avançons.

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Une fois que nous sommes "déplantés", il faut ramenerl es plaques à la voiture en les  trainant dans le sable brulant...c'est épuisant et surtout assoiffant !

 

 

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À 15 heures 30 nous sommes à Assamaka. Droit devant nous, le fort et ses quelques arbres

 

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Nous arrêtons là pour aujourd'hui car il fait vraiment trop chaud : 50°C dans la voiture en roulant. Nous commençons à sentir la déshydratation et le besoin de boire. Pendant que nos passeports et les carnets de passage en douane se font viser aux postes militaires, nous nous baignions dans un puit artésien. Il y a une forte odeur de souffre. Non loin du petit fort, un petit jardin avec quelques arbres. Nous décidons de dormir là cette nuit. Pourvu qu’ils ne voient pas qu’il manque une page au carnet de passage en douane ? …C’est la première fois qu’on nous le substitue…

 Après avoir bu nos 15 litres par personne, depuis notre arrivée nous n'avons fait que ça....Jamais je n'aurai cru qu'on puisse boire autant.

Nous essayons de dormir dans  la voiture. Nous faisons bien, car vers 22 heures , nous sommes obligés de fermer les portes à cause d'un vent de sable. Quelle chaleur... !

Avec tout le thé et la menthe que nous avons bu : impossible de dormir !

 

 

  La suite :