J : La Tanzanie et la côte du Kenya

 

 

 

 

Vers Dar Es Salaam

 

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Jeudi 16 janvier 1975 : nous passons la frontière zambienne  en quelques minutes, pas plus de 5 à 10 minutes. Aucun problème. En Tanzanie c'est beaucoup plus lent, il nous faut près d'une heure.

Un des policiers parle un petit peu le français, ce qui détend un peu l'atmosphère.

Nous roulons maintenant sur un goudron assez large mais avec quelques nids de poules. Mais il devient rapidement impeccable. Peu de voitures circulent mais que de camions énormes qui descendent chargés sur la Zambie et remontent vide vers Dar  Es Salam. Ils roulent vraiment très vite et nous doublent n'importe où. Parfois il y a des convois de semi-remorques camions-citernes qui font la course. Je tne suis pas fier quant je les  vois arriver dans mon rétroviseur et qu'ils vont me doubler car ils roulent à plus de 100 km/h.

Le paysage est assez dégagé et plat et très uniforme jusqu’à Dar Es Salam. Nous recevons de sacrés orages qui nettoient un peu la voiture. Beaucoup des camions que nous croisons sont kaki et conduits par des chinois. Dans ces camions kaki des ouvriers sont entassés dans les bennes... En fait, ils construisent une ligne de chemin de fer que nous longeons de temps à autre. Cette ligne de chemin fer est destinée surtout à évacuer le minerai de cuivre de Zambie de la région du Shaba et de Kolvesi vers le port de Dar Es Salam.

   Nous avons quelques gestes hostiles à notre égard et les gens ne sont pas souriants.    

Le soir, nous nous arrêtons Iringa et dormons dans la voiture dans la cour de la mission catholique.

 

 

 

 

Vendredi 17 janvier 1975 : 

Nous traversons le parc de Mkum, le « bush » est  bien dégagé et nous voyons des éléphants avec de très belles défenses. Il y en a  même sur la route ainsi que des girafes. Nous voyons aussi des buffles, des zèbres et des gazelles. Ce parc est sans aucune protection. Après les parcs d'Afrique du Sud, nous sommes un peu étonnés. Si les parcs du Kenya sont de la sorte, nous allons pouvoir  vraiment nous régaler de toute cette faune sauvage.

 

La route principale traverse Mikumi Nat. Park

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Plantation de cisal : sert à fabriquer les sacs et les cordes

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A Morogoro, le temps se dégage, il commence à faire chaud. Nous nous  rendons compte que nous nous rapprochons de l'équateur. Nous arrivons à Dar Es Salam à 17 heures 30 et nous nous dépêchons de trouver  le chemin de « Log Cabins ». . Cette ville est un caravansérail vraiment sale. La population est très cosmopolite : des Malais, des Arabes, des Hindous etc ...

 

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A l'époque , la Tanzanie est peuplé de 18 510 000 habitants pour 945 087 km². Elle est le deuxième producteur de sisal après le brésil. 12 millions de bovins. 12 000 tonnes de thé. En 1980 la France raffinait 166 millions de tonnes de pétrole, la république d’Afrique du Sud 23 millions de tonnes et la Tanzanie seulement 610 000 tonnes .

À la sortie de Dar Es Salam, nous rencontrons " Po Pof » et décidons de l’attendre pour se rendre à « Log Cabins » où nous arrivons à 19 heures. Nous installons la tente et discutons avec les Suisses que nous avons retrouvés. Nous sommes contents d'avoir retrouvé la chaleur humide  et les bords de mer. Nous nous sentons en forme malgré la fatigue des 1000 km de ces deux derniers jours. Nous passons une bonne nuit sous la tente.

 

 

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Dar Es Salaam  et   Log Cabins

 

 

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Samedi 18 janvier 1975 : sable blanc fin, cocotier, mer chaude, « and love ». C'est quand même ce qu'il y a de plus sympa en Afrique. Malheureusement le camping est vraiment sale. Le temps est radieux.

Il nous faut malheureusement aller en ville chercher le courrier, changer de l'argent, faire du ravitaillement.

 

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Comme nous voulons partir en ville, les Suisses veulent également s’en aller. Et nous devons pousser ces maudits combis dans le sable. Ils ne peuvent faire plus de 4 m sans s'enliser. Ils sont beaucoup trop chargés à mon avis. J’espère que nous n’en rencontrerons pas trop dans les boues du Zaïre ou les sables du désert. C'est à mon tour de traverser ces grandes étendues de sable. Nous passons sans aucun problème.

Nous arrivons en ville par les bords de mer avec une très belle vue sur la mer et le port de Dar Es Salam.

 

 

 

Tanzanie 0001Les déplacements dans Dar Es Salam sont difficiles car il n'y a pas de nom de rue.

Dés que nous nous arrêtons quelque part,  les gens commencent à regarder à l'intérieur de la voiture. Pendant que Michelle fait des courses, un Tanzanien me propose un panier plein d’oranges, plus 15 pamplemousses et quatre ananas pour 13 francs y compris le panier… Comme nous n’arrivons pas à trouver un petit supermarché, nous rentrons au camping. Je me suis fait érafler la voiture dans un parking.

Après déjeuner, nous commençons nos cahiers de bord tout en nous reposant et nous baignant et en lisant les lettres de France. La mer est vraiment très chaude.

À 17 heures, j’essaye de capter Radio France internationale sur la bande des 16 m. C’est la première fois depuis l'Angola que nous réussissons vraiment à bien capter RFI. Nous sommes heureux de pouvoir écouter les nouvelles de France. Cela nous fait tout drôle d’entendre parler français.

 

 

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Voici notre système pour filtrer l'eau et la débarasser de ses amibes avec une bougie en porcelaine

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À 17 heures, j’essaye de capter Radio France internationale sur la bande des 16 m. C’est la première fois depuis l'Angola que nous réussissons vraiment à bien capter RFI. Nous sommes heureux de pouvoir écouter les nouvelles de France. Cela nous fait tout drôle d’entendre parler français.

 

Bagamayo

 

 

Lundi 20 janvier 1975 : Nous retournons à Dar Es Salam pour diverses courses et mettre le courrier.

Puis nous prenons le route de Bagamayo. Après Kunduchi, nous trouvons une piste très sableuse à travers d’immenses cocoteraies… Mais « Titine » marche bien, l’essence peut-être mais surtout je pense l’altitude, nous sommes descendus des plateaux ?

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C'est la première fois que nous voyons des cocotiers alignés!

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Nous traversons des petits villages très simples, dans lesquels   nous pouvons acheter comme au Gabon les mangues ou les ananas par petits tas de deux ou trois.

A 13 heures, nous arrivons à Bagamayo où nous déjeunons très entourer de jeunes et moins jeunes, au bord de la magnifique baie pleine de vieux bateaux.

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La piste est longue pour aller ce jour à Pangani et nous décidons de rester. Nous faisons des photos. Nous achetons de vieilles pièces françaises en argent du XVIII et XIX ème siècle pour quelques shillings. Les gamins les trouvent dans la terre. Nous sommes en face de Zanzibar et c’est de Bagamayo que partaient les esclaves…

 

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Pangani

Mardi 21 janvier 1975 : après une nuit chaude dans la voiture car il n’était pas question de monter la tente, ni même de dormir les portes ouvertes à cause des vols possibles car nous étions pratiquement en bord de mer sur une pelouse, devant le château, sous des badamiers où les enfants avaient l’air plutôt sympathique… Et effectivement nous n’avons pas eu de vols.

Avant de quitter Bagamayo, nous visitons la ville. Les maisons sont blanches et datent d’un autre âge… Les portes sont lourdes, en bois incrusté de clous et de décorations en laiton.Nous sommes en face de l'île de Zanzibar .

 

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Après un bac, nous ne trouvons pas la piste qui longe la côte et rattrapons une route goudronnée où il n’y a pas de circulation du tout.

 

 

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Nous prenons un excellent bain sur la plage de Pangani où nous sommes seuls. Mais je me fais brûler par une méduse sans doute car la mer est très trouble ? …    

Je répare une roue crevée et passe un pneu lisse en roue de secours, c’est plus prudent pour passer la frontière…

Après un repas d’avoine appelé « meal pop » en Afrique du Sud, c’est un genre de semoule qui « cale » bien son homme, nous nous couchons de bonne heure, car nous avons encore fait 300 km et je suis un peu fatigué.

 

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Vers le Kenya et Tiwi

 

 

 Mercredi 22 janvier 1975 : après une bonne nuit sous la tente, nous levons l'ancre pour la frontière. Il fait très chaud.

Arrivés à Tanga, nous achetons de l'essence et nous visitons la ville.  Après  nous prenons la piste vers la frontière… 

Il fait très chaud.  La pression d’huile n’est jamais descendue aussi bas ! Je n'ai pas très confiance en ce vilebrequin espagnol. J’ai l’impression qu'il commence à s’user et pourtant nous n'avons fait que 30.000 km depuis le départ de Libreville.

À 14 heures 20, nous passons la frontière de Tanzanie puis celle du Kenya à 3 heures. Nous quittons la frontière du Kenya à Lunga Lunga sans visa, mais sans avoir payé de taxe sur les superbes statuts en ébène achetées en Tanzanie.  Nous roulons sur un superbe macadam jusqu'à Tiwi. Nous sommes toujours au milieu des cocotiers et traversons de beaux petits villages.

En arrivant à Tiwi, nous nous installons au camping pour 4 shillings chacun. Il nous paraît très peuplée de "voyageurs". Et nous retrouvons les Suisses. Décidément, nous nous poursuivons. Le soir nous discutons avec eux jusque tard dans la nuit.

 

 

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Vers Malindi

 

 

 

Mercredi 29 : nous quittons le camping et faisons des courses à Mombasa, et quelques photos, nous passons à la Poste, puis quittons la ville.

 

 

le Fort portugais de Mombasa

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A nouveau le marché

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Nous prenons la route de Malindi. Après le bac de Kilifi où nous faisons des photos de très belles femmes, nous faisons un tour dans la ville.

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Ruines de Gedi

 

 

 

Nous prenons la route de Gode nous allons voir les ruines de Gedi du 13e et 14e siècle, nous nous promenons dans une cité arabe bien ombragée. On voit qu'une civilisation avancée à vécu dans cette   ville presque complètement rasée par des guerres triballes.

 

 

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Nous essayons de trouver un lagon pour nous baigner. Mais ce ne sont que très belles maisons ou hôtels avec accès interdit aux plages. Nous décidons donc d'aller au camping de Malindi. Il n'est pas au bord de la mer et nous sommes presque seuls.

Le paysage de la journée était plutôt plat et brûlé par la saison sèche, quelques baobabs au milieu de champ de cisal immenses comme avant Dar es Salam.

 

 

Malindi

 

 

Jeudi 30 janvier 1975 : nous restons  pour poser et profiter du soleil. Je lave le double toit de la tente qui est vraiment très sale car les singes de Tiwi ne se sont pas gêner et il sent vraiment très mauvais. Nous allons à la mer et ramenons des coraux et des oursins de près de 12 cm de diamètre sans les épines. Malheureusement ils sont vides. Ces bords de mer sont vraiment magnifiques : les poissons de toutes les couleurs et de toutes les formes évoluent dans une eau claire et des fonds très changeants. Nous voyons même des poissons de près d’1 kg dans ces bassins naturels.

 

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L'île de Lamu

 

 

Vendredi 31 : nous nous levons tardivement et nous prenons la piste vers Lamu à 225 km au nord. Cette nuit un type rôdait autour de la voiture. Mais les veilleurs sont arrivés juste à temps. À Malindi, nous faisons quelques courses et de l’essence. Le village est envahi par les touristes. Vivement la tranquillité de Lamu, enfin nous espérons ?

La piste est sans problème très droite, large et presque sans tôle mais assez pierreuse. Michelle manque de se trouver mal et j'ai eu bien peur, sans doute la très forte chaleur ? Nous  arrêtons sous un immense acacia pour déjeuner et surtout boire.

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Le paysage et de plus en plus aride et sec. Il fait une chaleur étouffante.

Après le bac de la Garsen, le paysage redevient plus verdoyant. Nous rencontrons une espèce de palmiers à plusieurs têtes, comme nous en avions vu à Pointe Noire. Nous arrivons en face de Lamu et abandonnons notre « car » à un gardien. Après une demi-heure de bateau, nous débarquons et nous nous faisons avoir par un petit garçon qui nous demande 8 shillings au lieu de 4 pour un service.

Après le passage à la police, nous trouvons à nous loger dans un petit hôtel sur le port pour 15 shillings

Après nous être installés, nous allons faire un tour dans la ville et déjeunons dans un petit troquet. Les rues sont vraiment étroites, pas plus d'un mètre cinquante. Nous passons une bonne nuit d'un sommeil de plomb car sans être obligé d’écouter le bruit des alentours.

 

 

 

 

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Samedi 1 février 1975  : nous nous baladons toute la matinée dans les petites rues étroites et sur le port. Nous photographions de très belles portes sculptées d'une manière très simple. Nous essayons d'aller jusqu'à la plage mais il fait vraiment trop chaud… Dans le port, des murs de bois attendent d’être embarqués sur de beaux bateaux à voile vers le Yémen et l’Arabie. Ce sont des perches de 4 à 5 mètres de long et d’un diamètre de 7 à  10 cm. Elles servent pour la construction. C’est un bois très dur et très lourd. A marée basse nous découvrons que le port est rempli de ces perches qui subissent un traitement à l’eau de mer. Il est donc plus lourd que l’eau. Il pousse sur l’île qui se trouve au large de Lamu, et nous apercevons effectivement cette île très verdoyante. Tout dans cette île est transporté à bras d’homme ou à dos d’âne. Il n’y a pas une seule voiture. Des hommes font sans cesse la navette entre les bateaux et le port avec ces perches sur la tête.

 

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ce bois ne flotte pas et à marée haute les bateaux sont au dessus

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Par une chaleur harassante, à  longueur de journée, ces femmes cassent  des noix de coco pour faire du copra  

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Retour sur Tiwi

 

 

Dimanche 2 février 1975 : nous prenons le bateau qui est aussi bondé qu'un  car de brousse africain. Nous  retrouvons la 3cv intacte. Ouf ! … Nous remettons tout sur la galerie et je vérifie que la roue de  secours n'a pas été volée. Je m'aperçois alors qu'elle ne tient plus. Le support est encore cassé. Nous retournons nous installer au camping de Malindi.

 

Comme le bébé doit avoir chaud !

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Lundi 3 :  nous reprenons la route de Mombasa. Le vent nous pousse et malgré le bac nous sommes vite rendus. Nous rencontrons le " creasy " de Citroën du Cap. Ce fou de 2cv n’est autre que Peter  un fameux coureur de 2cv cross… Il est avec sa compagne Cori. Ils n’ont mis qu’un peu plus d’une semaine pour venir de Cap Town. Ils viennent de passer 2 ans en RSA. Ils n’ont pris que le goudron : Cap Town Nairobi en ligne directe. Ils remontent en Suisse et m’ont  l’air un peu pressé. Nous achetons de la peinture blanche, et le journal le Monde pour avoir des nouvelles du Zaïre dont les frontières sont toujours paraît-il fermées ?

 

Retour à Tiwi

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Levée de lune sur la mer

 

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